Une question revient souvent chez les clients de mes clients : par où commencer avec l’IA appliquée à la vente ? La plupart cherchent la réponse dans un cabinet de conseil facturé 15 000 euros (minimum). Rares sont ceux qui savent qu’un dispositif public gratuit peut déjà les aider à cadrer précisément leur premier cas d’usage, avant de sortir le chéquier.
Ce dispositif s’appelle Osez l’IA. Il est porté par la Direction générale des Entreprises et Bpifrance, et il tourne à plein régime depuis un an sans que la majorité des dirigeants de PME l’aient identifié comme un point d’entrée sérieux.
Osez l’IA, le plan que personne n’a lu jusqu’au bout
Le plan « Osez l’IA » est une initiative de la Direction générale des Entreprises (DGE) et de Bpifrance, lancée le 1ᵉʳ juillet 2025 dans le cadre de France 2030 et de la stratégie nationale pour l’intelligence artificielle. L’ambition affichée est claire : atteindre un taux de diffusion de l’IA, à horizon 2030, dans 100% des grandes entreprises, 80% des PME et ETI, et 50% des TPE.
Pour y arriver, l’État a construit une mécanique en trois temps. Le plan repose sur la sensibilisation des entreprises pour promouvoir l’adoption de l’IA, la formation, et l’accompagnement des entreprises pour identifier des solutions d’IA pertinentes et passer à l’action.
À VivaTech 2026, Bpifrance a annoncé le renforcement du dispositif avec 45 nouveaux ambassadeurs IA, portant le réseau à 615 ambassadeurs répartis dans 20 régions et collectivités et 13 secteurs d’activité.
En neuf mois, ces ambassadeurs ont déjà sensibilisé plus de 35 000 entreprises à travers la France.
Ce sont des acteurs de terrain : le réseau mobilise de nombreux acteurs sélectionnés pour leur connaissance pratique de l’IA et leur ancrage dans les écosystèmes locaux ou sectoriels, avec pour mission de sensibiliser les entreprises aux bénéfices de l’IA et de les orienter vers des interlocuteurs ou dispositifs adaptés à leurs besoins.
Pourquoi les dirigeants de PME tech passent à côté
Le problème c’est le passage à l’action. Une enquête du Lab de Bpifrance donne la mesure du retard : seuls 43 % des dirigeants de PME ont déjà une stratégie IA d’après une étude du Lab de Bpifrance, publiée le 4 juin 2025. Et l’écart entre sensibilisation et exécution se confirme dans les chiffres les plus récents du dispositif lui-même : 70 diagnostics engagés pour un objectif de 1 000, et 54 cas d’usage pour couvrir l’ensemble du tissu économique français. Un observateur du secteur résume la situation sans détour : le plan a fait de la sensibilisation son premier axe, mais l’objectif déclaré depuis VivaTech est de passer à l’action, et sur ce terrain, les indicateurs restent encore modestes.
Traduction pour un CEO pressé : l’État a fait le travail de faire connaître l’IA. Les dirigeants n’ont pas fait le travail de la mobiliser concrètement. C’est exactement le même piège que celui du prospect qui connaît votre produit, l’a vu passer sur LinkedIn, mais n’a jamais engagé de conversation commerciale avec vous. La sensibilisation n’est pas la conversion.
Le vrai levier : cadrer le cas d’usage avant de payer un consultant
C’est ici que l’angle Generativ rejoint le dispositif public. On ne construit pas une machine commerciale sur une intuition mais sur un cas d’usage précis, mesurable, rattaché à un goulot identifié dans le pipeline. Or c’est exactement ce que propose le Diagnostic Data IA de Bpifrance, et c’est gratuit à 40 %.
Les « Diagnostics Data IA » permettent à des PME et ETI d’identifier et exploiter le potentiel de l’IA au sein de leur entreprise, par une prestation de 8 jours-hommes, pour un coût de 10 000 € HT, avec une prise en charge de 40 % par France 2030. Un expert intervient pour un premier état des lieux technique et opérationnel, l’identification de cas d’usage concrets et applicables, et leur priorisation selon leur valeur ajoutée pour l’entreprise.
Sont éligibles à ce dispositif les PME et ETI ayant un effectif entre 10 et 2 000 salariés, et immatriculées en France au registre du commerce et des sociétés.
Concrètement, 6 000 euros pour huit jours d’un expert qui identifie et hiérarchise vos cas d’usage, c’est moins cher qu’un cabinet de conseil généraliste qui vous vendra un audit standardisé sans connaître votre cycle de vente.

Pour une PME tech qui cherche à qualifier plus vite ses leads entrants, à automatiser une partie de la recherche de comptes cibles, ou à structurer un premier séquençage d’emails de prospection assisté par IA générative, ce cadrage vaut de l’or. Il évite l’erreur la plus fréquente que nous constatons chez nos clients : acheter un outil d’IA avant de savoir précisément quel goulot commercial il doit débloquer.
Comment mobiliser le dispositif en trois étapes
La mécanique est simple, à condition de ne pas se perdre dans les sigles.
- Identifiez votre ambassadeur IA de référence.
Les entreprises peuvent dès à présent identifier leur Ambassadeur de référence via la liste accessible en ligne, et consulter les événements organisés ou relayés par le réseau sur l’agenda partagé « Osez l’IA ».
Cet échange gratuit, souvent en une heure, sert à formuler votre premier périmètre de réflexion. - Explorez la plateforme Accélérez avec l’IA.
Lancée à l’occasion du salon VivaTech, elle est accessible en ligne et présente plus de 75 exemples concrets de déploiement de l’IA dans tous les secteurs d’activités et différentes fonctions de l’entreprise, des informations pratiques, ainsi que des témoignages de dirigeants.
Filtrez sur la fonction commerciale, comparez avec votre propre pipeline. - Engagez un Diagnostic Data IA si le cas d’usage se confirme. C’est seulement à cette étape, une fois le besoin cadré et priorisé par un expert indépendant, que vous savez si un accompagnement payant a une valeur ajoutée réelle, et lequel.
Un détail mérite d’être signalé pour les dirigeants qui veulent comparer des prestataires :
88 entreprises proposant des solutions d’intelligence artificielle adaptées aux PME et ETI figurent dans un catalogue officiel créé par la DGE et Hub France IA. C’est un point de départ pour challenger n’importe quel devis privé.
Ce que ça change pour votre budget IA
La logique est de renverser l’ordre des opérations. Aujourd’hui, beaucoup de PME tech achètent d’abord un outil ou une prestation de conseil en IA, puis cherchent après-coup à justifier le retour sur investissement. Le plan Osez l’IA permet l’inverse : cadrer le besoin gratuitement, chiffrer le cas d’usage, puis décider en connaissance de cause si un partenaire spécialisé apporte une valeur que le dispositif public ne couvre pas, par exemple l’implémentation opérationnelle dans votre stack commerciale ou la formation continue de vos équipes de vente.
C’est aussi une question de rapidité d’exécution. Le dispositif ne remplace pas un cabinet spécialisé en outbound B2B qui va construire votre séquençage, former vos SDR ou industrialiser votre prospection. Mais il évite de payer ce cabinet pour redécouvrir un besoin que Bpifrance peut cartographier gratuitement en amont. Un accompagnement privé bien mené intervient après ce cadrage, pas à sa place.
La priorité : ne pas laisser ce dispositif inutilisé
Le retard est dans la mobilisation par les dirigeants. Une PME tech qui attend d’avoir un budget conseil confortable pour s’intéresser à l’IA perd un temps que ses concurrents, eux, utilisent déjà pour cadrer leurs cas d’usage gratuitement.
Cadrer avant de dépenser, c’est la seule séquence rationnelle quand le dispositif existe et qu’il est financé par l’argent public. Le reste, l’implémentation, la formation, l’industrialisation, appartient à l’accompagnement privé, mais seulement une fois le besoin identifié.
Et vous, avez-vous déjà cadré précisément le premier cas d’usage IA de votre force de vente, ou êtes-vous en train de payer pour le découvrir ? Parlons-en, 30 minutes, sans engagement.
