Auteur/autrice : sebastienseblin

  • L’IA va-t-elle vraiment remplacer les commerciaux?

    L’IA va-t-elle vraiment remplacer les commerciaux?

    C’était un sujet passionnant échangé avec un ami CTO dans une start-up à Paris. Ils sont aujourd’hui 150, et il a connu l’entreprise lorsqu’ils étaient une dizaine ! Il a donc assisté à la montée en compétences de son équipe. Aujourd’hui, son point de vue est que tous les jeunes développeurs qui sortent de l’école, sont formatés au vibe coding (le code informatique généré par l’IA).

    Or, c’est peut-être une bonne chose, car (sur le papier) la livraison de features va plus vite. Dans les faits, il constate une diminution de la qualité du code. Pire, il constate une dichotomie dans l’usage de l’outil IA: de jeunes développeurs utilisent l’IA mais ne savent pas expliquer ni corriger un code, lorsque des développeurs seniors sont complètement réfractaires à cette technologie.

    Appliqué au métier de commercial, on peut à peu près tirer les mêmes conclusions: un commercial junior qui utilise l’IA sans connaître le métier sera toujours moins bon qu’un senior qi a déjà fait le chemin.

    Une fois ceci dit, essayons de comprendre ce que pourrait faire l’IA dans un métier de commercial?

    Ce que l’IA fait déjà mieux qu’un commercial

    • Qualifier des leads automatiquement
    • Proposer le bon moment pour recontacter un prospect
    • Analyser les objections les plus fréquentes
    • Générer des propositions / devis standardisés

    En clair : tout ce qui est répétitif, prévisible, processable.

    Ce que l’IA ne sait PAS faire (et ne fera pas bien avant longtemps)

    • Créer des messages hyper personnalisés forts d’un contexte précis;
    • Lire les signaux émotionnels en rendez-vous; le non verbal d’un prospect, ses moments d’hésitation;
    • Solliciter les bonnes personnes dans une entreprise en fonction des projets en avant vente;
    • Traiter les objections en fonction de la persona en face;
    • Créer une relation de confiance profonde;
    • Comprendre des jeux politiques internes dans une entreprise;
    • Gérer la négociation fine (non verbale, timing, intuition);
    • Inspirer, rassurer, fédérer un client autour d’un projet.

    Et ça… c’est le cœur du métier du commercial de demain.

    Donc ce qui va changer

    Les commerciaux :

    • deviennent des chefs d’orchestre relationnels;
    • gèrent moins d’administratif, plus de relation humaine stratégique;
    • réduisent le volume de leurs campagnes, mais amènent plus de précision;
    • connaissent leur métier et créent moins de scripts pour plus de conseil.

    En résumé

    Les meilleurs commerciaux vont être augmentés par l’IA.
    Les commerciaux “moyens” risquent d’être remplacés par l’IA.

  • Comment tuer une vente en parlant trop?

    Comment tuer une vente en parlant trop?

    Un de mes clients développe et déploie des solutions digitales sur mesure.

    Après un premier excellent rendez vous avec le directeur marketing d’un prospect, j’avais organisé un second rendez-vous entre le directeur technique du prospect et un expert chez mon client. L’objectif était simple : rassurer le prospect sur la maîtrise technologique et la capacité de livraison.

    En 30 minutes, j’ai assisté à un florilège de ce qu’il ne faut pas faire en rendez-vous commercial.

    Parler plus que le client

    Pendant 20 minutes, mon client a présenté :

    • son entreprise,
    • ses références,
    • sa vision,
    • son expertise.

    Résultat : le prospect ne s’est pas senti écouté. Comment l’ai-je vu? Il ne posait aucune question – il avait décroché.

    Quand le client parle, on apprend.
    Quand vous parlez, vous supposez.

    Le biais de connaissance

    « Ce qui est évident pour vous ne l’est pas forcément pour votre client. »

    À un moment, l’expert explique :

    « L’architecture headless va permettre de découpler les couches pour assurer scalabilité et évolutivité. »

    Très bien… mais concrètement, qu’est-ce que cela change dans la vie du prospect ?

    • Moins de dépendance entre les équipes
    • Possibilité de mettre en production plus vite
    • Réduction du risque lors des évolutions
    • Meilleure expérience pour ses utilisateurs

    Aucun de ces points n’a été évoqué. Sans traduction en impacts réels : le prospect décroche.

    Le biais de justification

    Vouloir convaincre… trop tôt.

    Sans question posée, mon client a ajouté :

    • des explications supplémentaires,
    • des cas d’usage non pertinents,
    • et même un prix pour un projet similaire. Spoiler: le client est tombé de sa chaise, et a enchaîné sur des questions relatives à ce prix !! Un fiasco…

    Problème : un client décide d’abord émotionnellement, puis justifie rationnellement.
    Pour justifier, il doit percevoir :

    • une transformation,
    • un gain,
    • une réduction de risque,
    • ou la résolution d’un problème.

    Or, l’argumentation est arrivée avant même que le besoin soit clarifié.

    En résumé

    La difficulté n’est pas de vendre.
    La difficulté est de traduire l’expertise en impact concret, avec les mots du client, pas les nôtres.

    Écouter avant d’expliquer.
    Comprendre avant de convaincre.
    Traduire avant de démontrer.